Du 7 au 16 décembre une mission de Guinée Cornouaille s’est rendue en Guinée. Trois membres la composait : Guy Morvan, le président, Claire Fauvet, la trésorière adjointe, Olivier Marché, un de ses membres. Guy est venu plusieurs fois en Guinée dans le cadre de formations pour les services publics. Claire et Olivier y ont vécus 2 ans, à Kindia.
L’objectif principal était d’évaluer les réalisations de deux projets et de rencontrer les partenaires locaux, notamment l’ADSEV. En effet aucun de nous n’a rencontré les bénévoles de l’ADSEV en personne.
- Le premier article présente la première partie de la mission : les visites dans la sous-préfecture de Songoyah.
- Le second article présente lui la deuxième partie qui se concentre sur les réalisations dans le village de Sansando.
Nous sommes arrivés dans la capitale, Conakry, le vendredi 7 décembre 2024 en fin de journée. Nous avons été accueilli par notre chauffeur, Alpha Boubacar BAH. Le lendemain nous partons pour Kindia. Après quelques heures d’une route récemment goudronné, nous arrivons. Claire et Olivier y retrouvent leurs amis guinéens, français, belges, néerlandais, burkinabés lors d’un déjeuner. C’est l’occasion de reprendre contact avec le pays, ses habitants, ses joies et ses difficultés.

Le lendemain dimanche, nous rencontrons les membres de l’APEK Agriculture, ONG guinéenne, qui a fourni ses services pour le projet agricole à Sansando.

Nous prenons ensuite la route pour Faranah. à partir de Mamou, la route se transforme est une mauvaise piste. Heureusement, les amortisseurs souples du 4×4 filtrent une bonne partie des chaos. Le soir nous rencontrons pour la première fois des membres de l’ADSEV : Mohamed Nabé, secrétaire général, fonctionnaire de la sécurité sociale ; Souleymane Camara, vice-président, bibliothécaire de l’ISAV (institut supérieur agronomique et vétérinaire de Faranah) ; et des membres : Sayon Camara (tailleur), Mamadou Lamara (assistant technique de santé), Baldé (étudiant en Agriculture), Kamba Keïta (étudiant en Vulgarisation), Kabinè Sylla (étudiant en Agriculture). Nous validons avec eux le programme des jours suivants.
Lundi matin, nous retrouvons Mohamed et Souleymane au SNAPE (Service National d’Approvisionnement en Points d’Eau) pour y rencontrer quelques-uns de ses membres dont son directeur régional, Hawa Moussa Diaby. M. Diaby nous accompagnera pendant les deux journées.

Nous reprenons la piste pour rejoindre Kémayah. Premier choc émotionnel avec un accueil incroyablement chaleureux de la mission : haie d’honneur des enfants des écoles en uniforme d’un côté, femmes de l’autre, puis les hommes… le tout accompagné de chants et danses. Tout le village semble là rassemblé !
Le jeune et nouveau président du district salue la mission et prononce une allocution de bienvenue et cite les principaux problèmes et déficits d’équipements du village.
La mission visite ensuite des forages réalisés en 2022 et 2023 et des latrines du marché réalisées en 2022. Lors de la mission 2022, il avait été constaté une malfaçon sur les latrines qui a été corrigée depuis. Les forages donnent de l’eau et sont utilisés par les femmes.
La mission se poursuit et arrive à Tinterba. Plusieurs actions ont été financées par Guinée Cornouaille dans le passé : forages, panneaux solaires à l’école et au poste de santé, formation des matrones, machines à coudre, maraichage etc.. Un chaleureux accueil attend la mission sous un chapiteau, avec une grande foule entourant la mission, assise à la table d’honneur. Des femmes dansent et le griot offre une scène de parodie ou joue de la musique. Comme le veut la tradition d’accueil, un sachet de kola et de l’argent est offert à la mission. Plusieurs discours seront prononcés tous démarrant pour des remerciements à l’association pour les réalisations financées. Avec Guy et Claire, nous vérifions le fonctionnement d’un forage puis visitons le poste de santé, ses latrines et son incinérateur. La mission remet à M. Millimouno, l’ATS (agent technique de santé), deux lots de médicaments apportés par Guy et moi-même. Pendant la visite du poste de santé, Mohamed Nabé, SG de l’ADSEV, nous montre l’installation électrique panneaux solaires – onduleur – batterie qui ne fonctionne plus. La mission apprendra, après la tournée des villages, que la cause de la panne est due à un incendie électrique, sans en connaitre plus sur son origine.
Note : un devis de réparation de l’installation électrique du poste de santé de Tinterba nous sera fourni avant notre départ de Guinée. Nous prendrons la décision de débloquer les fonds pendant notre séjour.
Avant de rejoindre le dernier village de la journée, Mongocerdou là où nous dormirons, nous faisons halte à la sous-préfecture de Songoyah pour y rencontrer les responsables en place. Ils nous accueillent en témoignant leur gratitude envers le travail réalisé. Ils expriment également leurs doléances : état dégradé des routes, manque de structure de santé, besoins en eau potable. Au sujet des deux premières, nous répondons que nous les entendons, que nous les partageons mais que ces sujets sont en-dehors de notre périmètre d’action. Au sujet des points d’eau, M. Diaby, directeur du SNAPE, rappelle que ses services sont là pour superviser les points d’eau. Il dispose d’agents qui sont habilités à réaliser un diagnostic fiable et les réparations éventuelles. Les autorités doivent passer par ces agents d’entretien et de suivi.
L’arrivée à Mongocerdou se fait de nuit. En effet nous avions accepté le repas offert à Songoyah avant de reprendre la route. Et surtout, un arrêt non prévu s’impose à nous lorsque les deux véhicules traversent le village de Méninko. En effet, ayant eu vent de ce passage, un joyeux attroupement conduit par le jeune et persuasif président de la délégation spéciale tient à échanger avec la mission sur les manques de son village de 900 habitants : pas de forage, pas d’école ni poste de santé… En réponse, la mission lui promet de prendre du temps pour visiter le village à son retour.
A Mongocerdou, impossible également d’échapper à une première cérémonie d’accueil en extérieur à la lumière des lampes électriques et avec de premières allocutions de bienvenue, notamment celle de l’expérimenté président du district qui nous accompagnera d’ailleurs pour les visites des villages suivants et traduira en français des discours plus fréquemment prononcés en malinké par les autres interlocuteurs.
Nous logeons comme prévu, les nuits du 10 et du 11, au domicile de fonction du responsable du centre de santé et de sa jeune famille : encore un bel accueil !
Après le petit déjeuner, arrive la seconde cérémonie d’accueil du village, « plus officielle » cette fois, sous chapiteau, devant la maison des jeunes, sonorisée, avec une foule impressionnante autour. Les discours se succèdent : le président de district, les autorités locales, anciens, imams, sans oublier le griot, les danses et les cadeaux…
Nous continuons notre mission pour aller à Soromandou, village proche de la frontière avec la Sierra-Léone. À nouveau, le village s’est mobilisé pour nous accueillir avec chaleur. Pendant ce temps festif, le reste de la délégation part visiter le marigot où les habitantes allaient puiser l’eau ainsi que le nouveau forage qui alimente maintenant les habitants. La réception sous chapiteau est l’occasion de nouvelles réjouissances et discours de plusieurs représentants du village et les porte-parole des jeunes, puis des femmes, avec les habituelles présentations mutuelles et l’écoute des doléances des villageois. Nous écourtons quelque peu notre court séjour car nous devons rejoindre deux autres villages avant la nuit.
Nous arrivons à Siramaya. L’accueil de la mission fut peut-être le plus grandiose de tous, s’il est permis de les comparer ? Au moment où les deux véhicules 4X4 de mission arrivent au milieu de la haie d’honneur habituelle nous devons stopper devant l’attroupement pour ne prendre aucun risque. Les habitants font la démonstration de l’accueil qu’ils réservent aux personnalités importantes. Guinée Cornouaille n’y a pourtant encore rien financé. Ses besoins n’avaient pas été transmis dans les précédents projets. La cérémonie sous le chapiteau donne l’occasion aux autorités et leaders d’exposer leurs besoins : eau potable, poste de santé, équipement agricole. Nous ne pouvons que leur assurer que leur village sera bien dans la liste de notre prochain projet.
Le dernier village visité dans cette première partie de mission est Lancerdou. Sans surprise, c’est le plus reculé. Il l’est tellement que la piste pour les voitures n’est plus visible et que seule la trace du chemin emprunté par les motos et les piétons l’est. Une nouvelle cérémonie d’accueil nous attend. Lors de celle-ci et d’un échange entre les représentants du village et M. Diaby, directeur du SNAPE, il s’avère qu’un forage datant 2004 existe. Il est en panne depuis 4 mois. C’est la pompe à pied (modèle Vergnet) qui ne fonctionne plus. M. Diaby explique comment les choses doivent se passer, qu’il faut appeler le SNAPE et faire appel au technicien formé. Nous nous félicitons d’être accompagné par M. Diaby. Ce dernier insiste aussi sur la nécessité que la communauté se prenne en main sans attendre le gouvernement et arrange la route, sinon, le camion pour le forage ne pourra pas passer. Avant toute réalisation de forages, les techniciens et animateurs du SNAPE vont dans les villages pour sensibiliser la population sur l’importance des l’ouvrage et de ce qu’il faut faire pour en prendre soin. Chaque famille paie une contribution annuelle pour les petites réparations. C’est au bureau du forage de gérer cela.
Pendant que le radiateur de notre véhicule est réparé, nous visitons le village. Nous apprenons l’absence d’école officielle au village. Celui qui fait office d’enseignant, et le président de l’APE (Association de Parents d’élèves) qui nous la montrent. Ils espèrent que l’état guinéen en construira une prochainement.
Nous rentrons à la tombée de la nuit à Mongocerdou.
Après un petit-déjeuner, sur la piste nous menant à Faranah, comme promis, nous stoppons à Méninko. Nous recevons l’accueil de l’ensemble du village toujours aussi festif et enjoué, malgré leur situation sanitaire si difficile. La mission constate que le village est déjà équipé, comme à Lancerdou, d’un forage datant du début des années 2000. La pompe à pied (type Vergnet) est en panne depuis plus d’un an. Il n’y a pas d’autres forages dans le village et les habitants s’alimentent dans des puits ou au marigot.
Note : un devis de réparation des pompes forage de Lancerdou et de Méninko nous sera fourni avant notre départ de Guinée. Nous prendrons la décision de débloquer les fonds pendant notre séjour.
En conclusion de cette première partie :
- Notre séjour nous a permis de vraiment faire connaissance avec les membres de l’ADSEV, dont son secrétaire général, Mohamed Nabé. Les échanges précédents, en visioconférences ponctuels, entre nos deux associations de bénévoles, ne permettaient pas cela. Nous attachions de l’importance à nouer des relations de confiance et de mesurer combien les responsables de l’ADSEV sont capables de se mobiliser les autorités locales et les responsables villageois.
- Il nous était tout aussi important de mettre du concret sur les noms des villages choisis par l’ADSEV ou les autorités locales, pour voir leur situation géographique et mesurer leur éloignement, pour échanger avec les personnes qui animent ou encadrent ces villages, pour mieux connaître leurs populations, leurs modes de vie au quotidien, leurs usages et pour mieux appréhender leurs difficultés.
- Même si la priorité et les moyens d’action actuels de GC font que ses activités 2023 2024 se sont recentrées sur l’accès à l’eau, l’association avait besoin, d’une part de vérifier l’état des équipements résultant d’aides précédentes et, d’autre part d’appréhender concrètement les autres besoins fondamentaux dépendant de cet accès à l’eau : hygiène, santé, éducation, alimentation etc.
- L’accueil a été exceptionnel dans tous les villages du point de vue de notre partenaire, l’ADSEV.
- En même temps, il y a une telle distance entre les attentes exprimées et les moyens limités de notre association ; nous avions le sentiment d’être mis sur le même pied qu’une grosse agence de l’ONU ! (il y a d’ailleurs le PAM qui opère à Songoyah et Tinterba).
- Tout autant que les moyens matériels apportés, les villageois ont remercié mille fois la mission d’être venue à leur rencontre.
- Si nous nous interrogions sur l’opportunité de poursuivre l’association avant de venir, la question ne se pose plus. Même si l’association ne peut réaliser que 2 ou 3 forages dans les prochaines années, ce sera utile pour réduire les maladies « hydriques ». Il s’agit maintenant de reprendre contact avec les partenaires financiers et évaluer avec eux ce qui est possible. Ensuite, un échange avec l’ADSEV s’engagera pour fixer les villages prioritaires.
Suite de la mission, dans la seconde partie.
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